Les clichés ont la vie dure, mais les autorités se sentent dans l’obligation de favoriser la mixité en matière de formation professionnelle. Ainsi, des talents sont-ils découverts chez les jeunes apprenties par ces employeurs, qui se félicitent à présent d’avoir fait confiance à une fille.

« Soyez plutôt maçon, si c’est votre talent », s’exclamait Nicolas Boileau à l’adresse de Claude Perrault, qu’il accusait de massacrer l’art poétique ! Face aux difficultés rencontrées par certains secteurs pour trouver du bon personnel, le gouvernement et les collectivités locales mettent maintenant l’accent sur la formation professionnelle, et l’information pour les mettre à la portée de tous. Nadine Morano, ministre chargé de l’apprentissage et de la formation professionnelle, souhaite « un déploiement optimal de la préparation opérationnelle à l’emploi ».

Le problème est en effet d’ « améliorer la compatibilité entre la formation proposée à un demandeur d’emploi et la réalité de possibilités d’embauche dans son secteur de compétence ». Depuis que la France s’est redécouvert un destin industriel, son souci primordial est d’adapter sa main d’œuvre à ces nécessités toujours d’actualité. C’est aussi l’occasion pour abattre des vieux préjugés, selon lesquels il existerait des métiers d’homme, et mettre l’accent sur la mixité des formations professionnelles. Un sujet de société participe ainsi à l’évolution du monde du travail.

La région Midi-Pyrénées, qui propose ces témoignages vidéo, est en effet partie liée dans l’engagement pour faire de l’apprentissage une filière très complète de formations,dans les métiers les plus traditionnels, comme les plus innovants. Le sujet rajeunit l’image de la formation sur le tas, qui n’a plus vraiment la cote dans nos sociétés occidentales où sont favorisées les études longues. Un frais minois tailleur de pierre, ou couvert de cambouis est l’assurance d’une modernité retrouvée, en participant à la lutte pour la mixité sociale, l’égalité des chances et le féminisme.

De fait, les femmes peuvent en remontrer au sexe fort sur l’apprentissage, car elles font preuve d’une plus grande volonté de coopération, de bonnes capacités au traitement de l’information et à la prise de notes, qualités qui leur permettent de rivaliser avec celles qu’on attribue généralement à des garçons. Les employeurs se déclarent très satisfaits : « C’est la première fois que je prenais une fille comme apprentie, et je ne suis pas déçu, fait savoir l’un d’eux. Son travail est bien fini, c’est minutieux et soigné ». Le document vidéo en présente d’autres, tout aussi élogieux.

Ainsi, l’apprentissage se féminise-t-il, sans doute aussi pour le plus grand bonheur des hommes, qui travaillent ainsi dans une atmosphère différente et tempérée par une présence féminine. Aussi pour le formateur interrogé, « c’est un facteur de stabilité » !

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