C’est à n’y plus rien comprendre ! Quand le gouvernement se fait fort de la baisse des chiffres du chômage, les entrepreneurs se déclarent moroses et redoutent un retournement de conjoncture en défaveur des affaires. Les statistiques ne disent pas toutes la même chose, quand elles sont prises en dépit du bon sens.

D’une part, des statistiques du chômage en baisse pour le troisième mois consécutif. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A s’établit à 2 669 100 en France métropolitaine fin avril 2011. Ce nombre est en baisse par rapport à la fin mars 2011 (-0,4 %, soit 10 900). Mais calculé sur l’ensemble de l’année, le nombre de chômeurs est en hausse de 0,2%. Et comme pour les mois précédents, les demandeurs d’emploi classés en catégorie B et C, c’est-à-dire ceux qui ont travaillé de façon occasionnelle, est en augmentation de 0,9 % (+5,7 % sur un an) et le nombre de ceux de catégorie C est stable (+12,8 % sur un an).

D’autre part, 23 économistes interrogés par l’agence de presse Reuters, et anticipant un indicateur de 109 pour le mois de mai, contre 110 avancé au départ pour le mois précédent… « L’activité au cours des prochains mois pourrait encore ralentir, explique l’Insee, les perspectives personnelles de production diminuent de nouveau ». Misant de fait sur un « retournement conjoncturel », le service public de statistique et des études économiques constate mardi une atténuation d’une embellie conjoncturelle de ces mois derniers au sein de presque tous les secteurs.

C’est que la reprise a été portée par les mesures gouvernementales en vue de sortir de la crise financière, et s’est fondée sur une consommation plus soutenue. « Jusqu’à présent, indique l’OCDE, la consommation privée et les exportations ont été les principaux moteurs de la reprise ». Le mauvais tour que joue le chômage risque freiner cette croissance. « Le chômage de longue durée continue d’augmenter, avertit l’organisme de coopération. Si on ajoute la part croissante des travailleurs âgés, le risque d’augmentation du chômage structurel est important ».

Le point noir des pays occidentaux, et en particulier européens, est le haut niveau de leurs dettes publiques, ce que le traitement social du chômage a pour conséquence de maintenir dans des limites inacceptables pour tout le monde des affaires, et en premier lieu, les investisseurs. L’OCDE suggère encore « Un cadre budgétaire plus rigide incluant une règle sur le déficit structurel, une programmation budgétaire pluri-annuelle, et un conseil budgétaire indépendant par le biais d’une réforme constitutionnelle », afin de garantir un certain niveau de confiance dans les milieux financiers. Ce qui pose justement problème dans un proche avenir est la capacité que les entreprises auront à trouver les moyens d’investir !

Les pays européens sont désormais à la croisée des chemins, avec un taux de chômage endémique particulièrement élevé, sur lequel une action peut être entreprise grâce à des mesures de soutien à l’économie et qui grèvent l’équilibre déjà fortement entamé des finances publiques. C’est un peu la quadrature du cercle devant lequel le gouvernement se réjouit, avant peut-être de déchanter au moment d’échéances électorales, quand il sera hélas trop tard pour réagir.

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