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L’un des premiers éléments d’identification de ses membres sur un réseau social est incontestablement l’avatar. Or, en choisir un bon relève souvent de la prise de tête. Analysons quelques photos des personnalités prises sur leur compte Twitter ou FaceBook avec l’aide de Bénédicte Poinsard, pour voir comment elles s’y prennent pour communiquer avec leur public.

« L’important, c’est surtout d’être naturel, annonce notre consultante pour l’occasion. La photo doit être le reflet des côtés positifs de la personne, et être en rapport avec son environnement ». Un premier problème est d’être en phase avec sa communication. On ne suivra pas de la même façon une photo postée sur Facebook et le profil de la même personne sur un réseau social professionnel. Dans une démarche de recherche d’emploi, les choix semblent quelquefois surprenants pour ceux qui les visitent. « J’ai été très surprise du profil choisi par une assistante de direction, qui révélait certes un sens artistique, mais dont la tenue me paraissait inappropriée ».

Le profil Facebook d’Anna Chapman a été très apprécié l’année dernière, lorsque la presse l’a révélé à cause de son expulsion des États-Unis, après son arrestation comme agent dormant des services secrets russes. La jolie espionne demeure encore un mystère, puisqu’on ignore encore ses raisons pour présenter un profil aussi aguicheur. Mais elle a depuis posé pour des magazines de charme, et elle est devenue une icône dans son propre pays. C’est peut-être ce qu’elle recherchait, en fait, mais ce n’est pas le cas des milliers d’internautes qui cherchent aussi un emploi, et pas forcément sur papier glacé…

L’autre jeune femme accorte a faire chauffer les réseaux l’année dernière est Debrahlee Lorenzana. Licenciée par CitiBank, car jugée trop sexy par son employeur, les photos de son profil Facebook ont révélé une véritable naïveté dans la communication de cette personne, qui joue aujourd’hui la carte de l’humour, en prenant soin tout de même de protéger ses données personnelles du tout venant sur Internet. « Là, c’est plutôt amusant dans le contexte, renchérit Bénédicte Poinsard, qui organise des formations à l’usage des réseaux sociaux professionnels. Mais l’humour est difficile à manipuler, parce qu’il est rarement compris de la même manière par tout le monde. Il est plus facile de faire passer de l’humour dans le texte ».

La photo du profil de Pierre Kosciusko-Morizet est plus complexe qu’elle n’en a l’air : « Sur la photo, Ii adopte une attitude de modestie par sa posture. Il peut se le permettre, car c’est un homme qui a réussi ». Les détails d’une photo ont tous leur importance et participent de l’impression globale. « L’arrière-plan est signifiant dans une photo, même si très souvent les photos sont uniquement en gros plan ». Le choix du noir et blanc offre aussi une touche d’originalité. « Le noir et blanc permet de travailler les lumières, et ça donne de bonnes photos ». Sur cette photo de Philippe Gras, prise par Frédéric Vignale, « On a un côté Boris Vian des années cinquante. Ça fait journaliste »… Mais c’est peut-être l’air qu’il veut donner !

« La photo est un élément très très fort de la page, et fait passer beaucoup d’informations, explique Bénédicte Poinsard. C’est donc crucial d’en être conscient ». Celle qu’a choisie Henri Proglio pour Facebook est très publicitaire, très différente de ses photos de presse. « Elle tranche avec l’image d’un patron du CAC40, mais je pense que c’est voulu. D’un certain point de vue, il y a une notion d’humour, renforcé par sa devise ». Benoît Hamon présente sur son compte Twitter un cliché qui correspond à son engagement : prise dans une manifestation avec des drapeaux…

« L’absence de cravate n’a pas attiré mon attention, s’aperçoit Bénédicte Poinsard. C’est un choix qu’il a fait et qui colle au contexte ». Mais dans une démarche de recherche d’emploi, la cravate est-elle obligatoire ? « C’est une question d’harmonie avec ce que l’on fait. Et c’est souvent un passage obligé chez les cadres, mais il n’est pas choquant de voir les gens dans l’action : un jardinier ou un horticulteur pourrait tout aussi bien s’en passer ». Pour une question d’harmonie aussi, mieux vaut faire attention à la mise en page du site Internet. La photo de Geoffroy Roux de Bezieux a l’air de sortir du cadre, et l’internaute a du mal à identifier ses traits.

« Sur Twitter, Rama Yade regarde aussi vers l’extérieur, mais ce n’est pas gênant : il y a comme une recherche d’idéal, car elle regarde vers le haut. Dans la presse, il existe une tradition de tourner le regard du personnage vers le texte, et c’est surtout vrai pour un encadré, pour le mettre en rapport avec le texte, comme un phylactère ». L’aspect essentiel d’une bonne photo de profil est donc de s’intégrer à la page. Le problème d’un grand nombre de personnes est de ne pas l’être avec son aspect physique. « On est dans un monde qui se soucie de la silhouette, mais c’est mieux d’être bien dans sa peau, insiste Bénédicte Poinsard. Pourtant Xavier Bertrand comme Bruce Toussaint, avec le sourire inspirent un tempérament dynamique ».

Quelle est alors le secret d’une bonne photo de profil sur un réseau social professionnel ? Laissons le mot de la fin à Bénédicte Poinsard : « Le plus important est d’apparaître soigné, adapté à son environnement. Au niveau vestimentaire, d’être original en ayant son style personnel : on peut porter une cote d’ouvrier avec des taches, et être propre sur soi. C’est aussi très bon pour le moral » !

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