La semaine passée a résonné du scandale d’offres d’emploi non pourvues, trop nombreuses au regard de Nicolas Sarkozy. Une sur quatre n’aura pas trouvé preneur dans l’industrie, alors qu’un peu plus d’un million et demi d’intentions d’embauches sont recensées pour 2011, avec des soucis dans tous les secteurs pour trouver du personnel.

Au-delà du discours politique par nature assez à l’aise avec les réalités du terrain, le fossé paraît vraiment large entre les ambitions du chef de l’État pour réduire le chômage et les attentes de la population active… Si l’on y songe, ce sont quelque 400.000 restant à pourvoir cette année encore, soit le dixième de la population à la recherche d’un travail. Les chômeurs sont apparemment des feignants et des incapables, et plus encore à mesure que la durée de leur période d’inactivité s’allonge ! Le vrai problème, est qu’il existe une marge importante entre l’intention et l’embauche.

La question se pose d’abord selon la méthode utilisée pour calculer toutes les intentions d’embauche, et pour faire simple les autorités politiques ont donné le même nom à deux bases de calcul différentes. D’une part le total des déclarations uniques d’embauche (DAU), remplies par l’employeur et adressées à l’Urssaf (Union de Recouvrement pour la Sécurité Sociale et les Allocations Familiales), ou bien à la MSA (Mutualité sociale agricole) selon le régime dont il relève. De l’autre les enquêtes de besoins en main-d’œuvre, réalisées par Pôle emploi tous les ans auprès d’employeurs.

C’est à une dernière enquête en besoins de main-d’œuvre, que s’est référé Nicolas Sarkozy, publiée le jour précédent son « coup de gueule » dans le Puy-de-Dôme, à l’adresse des candidats à l’emploi, par trop farouches. Le discours martial jette en réalité un voile pudique sur le manque chronique d’adaptation entre l’offre et la demande, inhérente au système libéral. Des intentions louables ne sont pas toujours le reflet d’embauches, de contrats à durée indéterminée. Dans le million et demi d’intentions d’embauche, il existe bon nombre de contrats à signer pour une durée très brève.

Le document vidéo reflète bien le contraste entre les périodes de travail et les lieux où elles sont proposées. Les habitants du littoral vendéen sont au four et au moulin l’été, tandis que les gens de l’intérieur ont un rythme de travail moins en dents-de-scie… Le ministère du Travail corrobore cette disparité en affichant l’écart entre le nombre de DUE, près de 20 millions de documents administratifs attestant une intention d’embauche, soit peu ou prou la moitié de la population active française, contre un million pour les projets de recrutement espérés par le Pôle emploi.

Comme il y a loin de la coupe aux lèvres, les chiffres masquent bien des problématiques complexes, avec leur côté abrupt et définitif, qui trahit la volonté mieux que l’action.

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