Malgré l’aggravation de la crise, la probabilité d’une nouvelle période de récession cet hiver, la perspective d’une fiscalité plus lourde, ainsi que de l’augmentation du nombre de chômeurs, « des raisons d’espérer » dans une amélioration de la conjoncture n’ont pas échappé à Nicolas Sarkozy, dans ses vœux à la population.

Les éditorialistes se sont jetés sur l’allocution de vœux du chef de l’État à la télévision comme sur la misère sur le bas clergé. La situation française, à l’avant-veille d’échéances électorales, n’est pas reluisante. L’opposition s’en est également donnée à cœur joie dans un concert de critiques acides, quelquefois bien senties. Par exemple, « Nicolas Sarkozy se satisfait, pour les derniers voeux de son quinquennat de commenter la situation difficile, fruit de son bilan, que vit le pays », déclare Sergio Coronado, porte-parole de la candidate écologiste Éva Joly. « Quelle crédibilité doit-on accorder à Nicolas Sarkozy sur le sujet ? se rengorge Manuel Valls pour le PS. Il n’a pas mieux formé les chômeurs comme il l’avait annoncé, Pôle emploi est complètement désorganisé, il n’assume pas sa responsabilité alors que le chômage ne cesse d’augmenter depuis un an ».

Au-delà de la gesticulation politique de l’un et des autres, tout le monde a compris que les attentes légitimes des citoyens sont réellement difficiles à satisfaire, tant l’État s’est aliéné de ses moyens d’action sur l’économie et une nouvelle donne politique issue du compromis que propose le suffrage universel n’y changera rien. Pour preuve, si les consommateurs européens regrettent l’adoption d’un euro, aujourd’hui attaqué sur la place boursière, avec une « forte hausse des prix » pour 81% d’électeurs français interrogés la semaine dernière, 64% d’entre eux souhaitent conserver cette monnaie, bien que 54% considèrent qu’elle est « une mauvaise chose pour eux ». Les gens sont fatalistes, et leurs représentants élus leur ressemblent, malgré le verbe haut et le geste autoritaire. Si les Français boudent l’euro, il en est à l’apprécier nettement. « L’euro a acquis une stature de devise pivot, révèle Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France. En dix ans, elle est devenue la deuxième monnaie de réserve mondiale, après le dollar ».

Des initiatives déplorables sont ainsi susceptibles de se changer en atout à quelques années d’intervalle… De même, on mesure encore mal l’impact d’actions brouillonnes ou inappropriées sur la conjoncture économique. Il n’est pas certain qu’en faisant quelque chose, le gouvernement fasse aussi bien que s’il ne faisait rien. Aujourd’hui et pendant que le fond du trou de la crise semble insondable, les signes avant-coureurs de reprise émergent. Ainsi, « Nous nous attendons à un ralentissement économique », annonce un responsable du patronat allemand à l’agence de presse Reuters. C’est « un phénomène normal » après deux ans de croissance il et se dit confiant pour 2012. « L’économie réelle est en bien meilleure situation, que veulent nous le faire croire les gros titres dans les milieux financiers », déclare le patron de Siemens dans un quotidien allemand. Lui envisage, que de son côté, la banque européenne saura prendre des mesures qui s’imposent, pour éviter l’effondrement du système monétaire de la zone euro. Pendant que tout le monde angoisse, la Chine vient de publier un meilleur indice que prévu le premier jour de l’année pour son activité manufacturière en décembre. Ça veut simplement dire que la consommation n’est pas autant affectée, dans les pays occidentaux, qu’on voudrait le croire, par la crise de la dette.

Autre signe rassurant de reprise économique, les vœux envoyés par petits messages texte dans la nuit de samedi à dimanche au téléphone ont battu un nouveau record chez les opérateurs de téléphonie mobile. 305 millions de SMS, échangés par Orange et SFR avant cinq heures du matin, contre 254 millions à la Saint Sylvestre 2010. La morosité que la presse annonce depuis quelque temps ne semble pas se révéler dans les chiffres. L’espoir d’une situation meilleure n’est-il pas plus grand quand elle est mauvaise ? Ceux qui ont perdu leur emploi pourront redoubler d’énergie, ce d’autant plus que Nicolas Sarkozy a l’intention de leur mettre un coup de pression pour dynamiser la campagne électorale qui s’annonce ! « Nicolas Sarkozy veut conditionner l’indemnisation des chômeurs au suivi d’une formation professionnelle qui serait rendue obligatoire », annonce dans ce document vidéo, un journaliste de BFM-TV.

Le chef de l’État aura effectivement été plein de gratitude envers ceux qui travaillent dans son discours télévisé, tout en prévenant les autres : « Ceux qui ont perdu leur emploi doivent être l’objet de toute notre attention, leur a-t-il annoncé. Nous devons changer notre regard sur le chômage ». N’est-il pas trop compatissant ? « Former et pas seulement indemniser, tel doit être notre but », a déclaré Nicolas Sarkozy comme programme d’action en direction de sa majorité.

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