Les populations des pays de la Méditerranée touchés le plus durement par la crise de la dette en Europe sont de nouveau tentées par l’exil. Mais cela n’est pas encore le cas en France en dépit des retours d’expériences plutôt réussies.

L’Allemagne a accueilli cette année 67.000 personnes de plus au cours de la première moitié de l’année 2011 que la précédente. 18.000 sont venues en Suisse, poussées par la régression des perspectives économiques. Dans ce petit pays montagneux, assez peu ouvert sur l’extérieur, cependant très accueillant, les syndicats s’inquiètent de la montée de ce flux migratoire à une époque où des réductions d’effectifs sont plutôt à l’ordre du jour dans une économie dominée par les institutions bancaires, et où le chômage est à la hausse. Mais les migrations sont également transversales, car dans les pays les mieux lotis en Europe, les difficultés sont aussi plus nombreuses. Ainsi, près de 100.000 citoyens portugais figurent désormais sur les listes des consulats des principales villes d’Angola, et le Brésil en a accueilli un peu plus de 54.000 de plus qu’en 2010.

Aujourd’hui cependant, et comme les difficultés sont mieux partagées, ce regain des migrations internationales n’est pas très bien perçu. Un journal algérien s’inquiète des conséquences de la crise en Europe sur un principe de libre circulation des personnes entre les deux rives de la Méditerranée, attendu depuis près de cinquante ans, alors que des autorités françaises se déclarent de moins en moins favorables à l’immigration, même choisie de façon parcimonieuse… Christine Lagarde à la tête du FMI, se fait peur en évoquant l’isolationnisme américain des années trente avec la montée des périls. Quand « les Parlements nationaux rechignent à engager les finances publiques ou la garantie de leur État pour soutenir d’autres pays, s’émeut-elle, le protectionnisme est dans les débats, et le chacun pour soi gagne du terrain » ! La probabilité que l’Europe de Schengen se ferme d’ici peu, n’a pas diminué.

Mais en France, la perspective de voir la situation s’arranger du côté de la zone euro persiste. La population française n’a pas encore pris la mesure d’une baisse des revenus de 20 à 60% du salaire comme c’est le cas, pour 80% des Grecs. De toute façon, les Français n’ont jamais beaucoup aimé l’option de l’expatriation. La Maison des Français de l’Étranger évalue à 2 millions le nombre de ressortissants français résidant hors du territoire, mais 60% d’entre eux gagnent ainsi plus de 30.000 euros nets par an. Des opportunités qui se révèlent intéressantes, car 25% quittent leur entreprise dans les deux ans après leur retour en France ! Les profils recherchés sont en général qualifiés, des cadres dirigeants ou une grande spécialisation. Il existe des opportunités dans des domaines comme l’informatique et les jeux vidéo, l’électronique, le bâtiment ou encore l’industrie hôtelière. Les offres d’emploi à l’international sont partiellement centralisées à l’agence Pôle emploi situé à Paris qui en diffuse un quart des 40.000 collectées sur le territoire national. Leur nombre n’augmente pas.

Si l’expatriation ne correspond plus vraiment à l’eldorado vécu durant les années de prospérité, il est encore possible de tenter sa chance ailleurs, et des pays de langue française, comme le Québec, organisent chaque année des campagnes de recrutement pour trouver une main d’œuvre également moins chère… Les quelque 150.000 Français résidant au Canada vivent à 60% dans la région de Montréal. Mais ils préfèrent quand même l’exil au plus proche, puisque 48% restent en Europe. 20% vivent en Amérique, et 16% s’installent en Afrique. Récemment, un article du correspondant de l’AFP à Rio de Janeiro a fait forte impression dans la presse, comme il y vantait le succès d’une jeune femme française, embauchée chez Michelin avec un contrat local. Le taux de chômage est de 6% au Brésil, et le PIB a une progression de 7,5%. Avec son taux de croissance insolent, le pays se trouve confronté au problème des riches, déplorant l’immigration sauvage qui est évaluée à 600.000 clandestins.

Au Brésil, « Il manque huit millions de professionnels qualifiés — comme des ingénieurs — que les universités brésiliennes mettront cinq ou six ans encore à former, déclare à l’AFP la directrice de la chambre de commerce espagnole de Sao Paulo. Aujourd’hui En Europe, le Brésil est vu comme une terre d’opportunités ». Le vent a définitivement tourné !

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