La crise que traversent les pays européens aurait comme conséquence une perte de leur influence économique au niveau international et consacrer la prééminence des pays de l’hémisphère asiatique.

La mondialisation heureuse, ça existe ! Mais il faut pour y prétendre, être une personne investie d’un talent indéniable, que tout le monde est prêt à s’arracher, quitte à enchérir sur son acquisition. Ainsi, Nicolas Anelka est en passe de doubler un salaire, qui devrait passer de 90.000 livres sterling par semaine à Chelsea, soit 105.000 €, à 200.000 livres dans son nouveau club de Shanghai Shenhua, soit 234.000 €. « Le choix sportif peut paraître surprenant dans un pays où le football n’est un sport professionnel que depuis 1994, remarque Le Figaro, et dont le championnat élite est guère réputé« . Qu’est-ce qui peut alors motiver l’attaquant français, qui n’a pas brillé d’ailleurs depuis longtemps sous le maillot tricolore, hormis le pont d’or chinois ? D’autres vedettes du ballon rond devraient s’expatrier aussi dans cet immense pays qui fait également rêver des chefs d’entreprise.

Alors que les pays développés se désindustrialisent, l’atelier du monde est l’objet de toutes les attentions des premiers, au point que Nicolas Sarkozy croyait pouvoir le faire participer à la remise à flot d’un système financier aux abois dans la zone euro. Mais si la Chine est prête à subventionner les États-Unis, c’est seulement parce que tous les échanges internationaux se font en dollars américains. Hélas, c’est un statut qui manque à la monnaie européenne, qui apparaît certes comme une devise de référence, mais que l’endettement des pays dans sa zone fragilise beaucoup en ce moment. Le problème est aussi que l’euro semble vraiment déconnecté de l’économie réelle, tant sa valeur est un obstacle pour les exportateurs, surtout français pour ce qui concerne les échanges extracommunautaires. Or, le déficit de la balance des paiements courants du mois d’octobre montre une fuite des capitaux, son compte financier indique de sorties nettes d’investissements directs de 4,7 milliards d’euros après des entrées nettes de 4,7 milliards.

Les investissements français directs à l’étranger ressortent à 7,9 milliards d’euros en octobre contre 4,9 milliards au mois de septembre. Pour ce qui concerne les investissements de portefeuille, on note un repli de ceux des résidents et des ventes de titres français par les non-résidents et de l’ordre de 1,9 milliards d’euros. Une sortie nette de capitaux est à relever dans le même temps, pour les autres investissements, qui affichent 32,1 milliards, après 44,9 milliards pour le mois de septembre. Où va tout cet argent ? Et pourquoi les investisseurs français boudent-ils leur propre pays ? Dans un marché en mutation depuis la chute de l’empire soviétique, des pays dont on ne donnait pas très cher jusqu’alors dament le pion aux économies des pays développés, grâce justement, à une main d’œuvre peu chère. Pour le chef d’entreprise français, l’opportunité aura d’abord été d’y fabriquer ses produits pour les vendre sur le marché français, ou européen. Aujourd’hui néanmoins, l’émergence d’une classe moyenne dans ces pays industrieux, a bouleversé la donne, au point qu’il n’est plus aussi rentable de renvoyer les marchandises produites sur un marché en dépression, pour les écouler. Les pays émergents sont aussi devenus de nouveaux marchés, où l’intérêt d’y vendre les biens produits sur place est plus important. Ainsi, un grand groupe se tournera désormais plutôt vers cette zone, au détriment, parfois même au préjudice, des marchés existants. L’Insee note dans une enquête que l’évolution de l’internationalisation des grands groupes industriels se fait en direction des pays émergents au lieu des européens ou américains.

Déjà en 2009, les multinationales françaises sont plus présentes dans des pays développés, en Europe et aux États-Unis notamment, mais le poids relatif de cette zone a diminué entre 2007 et 2009. Leurs effectifs sont en effet passés de 18% en 2007 à 15% en 2009 et la part du chiffre d’affaires de 21% à 19%. Cette évolution profite aux pays émergents tels la Russie, le Brésil, l’Inde et la Chine, et constitue la deuxième zone d’implantation en termes d’effectifs des groupes français à l’international, en progression par rapport à 2007. Les restructurations chez Areva, qui secouent le petit monde politique en ce moment, est emblématique d’une perte d’influence des pays développés comme la France dans ce marché mondial désormais complètement globalisé. Les suppressions de poste du géant nucléaire, se manifesteraient d’ailleurs à l’étranger plutôt que sur le territoire français ! Cette évolution, mesurée au beau milieu de la crise financière, se poursuit donc avec une intensité redoublée avec la crise des dettes souveraines.

Pour la population active résidant sur le sol français, un choix s’impose à ses éléments. Soit faire preuve d’un grand talent, comme Nicolas Anelka, mais reconnu au niveau international, et accepter le défi de l’expatriation. Soit vivre des miettes du modèle social français, en essayant de s’en tirer du mieux possible sur une niche ou un besoin local.

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