Dans les périodes de crise économique, les gouvernements sont toujours très attentifs au prix du pain, qui demeure une denrée de base. Le métier de boulanger, même s’il a évolué avec le commerce de la distribution, est devenu aussi plus attractif, et reste épargné des menaces sur l’emploi.

Par mesure de rétorsion, les restaurateurs ont obtenu du gouvernement un taux de TVA à 7% pour les produits à emporter vendus en boulangerie. Si les sandwiches deviendront ainsi plus chers, la baguette pour le faire reste au même prix. Difficile pour les petits commerçants de résister longtemps à la pression des grandes surfaces qui cherchent depuis quelques années à diversifier leur offre, en misant notamment sur la qualité. L’activité en ce qui concerne la boulangerie artisanale a bien résisté depuis 1999, mais les grandes surfaces déploient de nouveaux atouts pour continuer à croître, et dans un contexte économique difficile. En misant par exemple sur un plus qu’elles sont, elles, en mesure d’offrir à une main d’œuvre, dont les plans de carrière sont pour le moins limités ! Que peut en effet espérer un jeune boulanger d’autre, que de reprendre la boutique de son patron ? Pour cela, il lui faudrait aussi un capital.

Le métier de boulanger est réputé dur, à juste raison. Levé avant l’aube et couché avant les autres, ceux qui l’exercent voit leurs perspectives de vie de famille réduites au strict minimum. Il lui faut encore vendre le produit de son industrie, aussi la boulangerie se tient-elle généralement à deux, et l’horizon de son épouse est-il de même, limité à la porte de leur boutique. Or, cet idéal de vie ne convient plus vraiment aux standards modernes. La grande distribution est elle, en mesure d’offrir aux boulangers une qualité de vie et des conditions de travail plus conformes aux aspirations de ceux qui souhaitent vivre dans le pétrin… Chez Système U, « le boulanger peut évoluer en fonction de sa motivation et de ses compétences vers un poste d’adjoint puis manager de rayon », et chez Auchan, il bénéficie de tous les avantages du salarié d’une grande entreprise avec une formation continue et un dispositif de mutuelle et de prévoyance.

Une grande surface qui s’équipe de matériels pour la fabrication du pain a de plus gros moyens pour assurer de meilleures conditions de qualité. Les parts de marché pour la boulangerie-pâtisserie industrielle progressent de 12%, en faveur de la distribution. « La différence réside dans une cadence plus rapide et un volume de production nettement supérieur à l’artisanat, explique un boulanger-pâtissier chez Carrefour. La cuisson continue, tout au long de la journée, est aussi une spécificité de nos boulangeries ». Avec la loi Raffarin du 25 mai 1998, les grandes enseignes doivent fabriquer le pain sur place pour se prévaloir du label « boulangerie » dans leur rayon. Si les investissements sont lourds, les affaires sont néanmoins plus rentables que pour un petit commerce, puisque le débit est trois fois plus important. Mais pour les boulangers, le travail reste le même… À part qu’ils peuvent compter sur le soutien de toute une équipe, et tournent souvent en 2×8. Le décalage n’est plus aussi permanent, au bénéfice de la vie de famille.

Dans le cadre d’une grande entreprise, les choses sont en général cadrées, en ce qui concerne les horaires et les conditions de travail. De même pour la formation continue, car les enseignes ont une bien plus grande capacité pour gérer les ressources humaines sur une masse salariale nettement plus importante. « Le recrutement est de plus en plus difficile, explique Lionel Vallet, responsable des produits frais au Carrefour Stains. Notre enseigne développe donc l’apprentissage. Un jeune déterminé et rigoureux sera encouragé et pourra vite évoluer, car nous avons besoin de personnes de qualité ». Celui-ci s’effectue en quatre ou six mois selon le niveau scolaire du candidat, et aboutit sur l’obtention d’un CAP ou d’un BEP. Même si la consommation de pain a diminué en France, pour passer de 900 grammes en 1900 à 160 en 1990, elle est stabilisée depuis, et la demande croît avec l’augmentation de la population, mais non en fonction de ses moyens.

C’est pourquoi les 40.598 boulangeries de quartier sont celles qui, parmi les petits commerces, résistent le mieux à la concurrence de la grande distribution, qui continue de progresser en France, de 2,3% par an, bien qu’à un rythme moindre que pendant les décennies passées. Mais c’est aussi sous l’effet de la concurrence des grandes surfaces que la qualité du pain s’est améliorée ces dernières années.

Les mots correspondant à votre recherche : lettre de motivation boulanger grande surface, lettre de motivation boulangerie grande surface, avantages boulanger grande distribution, patissier grande surface avantages, grande distribution boulanger, être boulanger en grandes surfaces horaire de travail, conditions de travail d’un boulanger en grande surface, boulanger grande distribution, boulanger chez leclerc, surface boulangerie patisserie.

Réagissez à cet article ! Notez que les commentaires sont en dofollow sur Vite CV, pour vous aider dans le référencement de votre site Web en postant plus de commentaires sur les blogs.

  • 708