N’en déplaise aux écologistes, l’industrie nucléaire est toujours promise à un bel avenir, les accidents de Tchernobyl (1986) et de Fukushima (2010) n’auront pas d’autres conséquences sur son exploitation qu’une recherche de meilleure maîtrise de la production d’énergie atomique.

Un choix de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires au-delà des quarante ans vient d’être fait par Nicolas Sarkozy, et il a été annoncé trois jours après sa visite sur le site de Fessenheim, la centrale nucléaire la plus ancienne en service actuellement sur le territoire français. La décision fait forcément polémique, elle s’inscrit dans une stratégie naturelle de clivage droite-gauche en vue de la campagne électorale qui s’annonce maintenant plus exacerbée dès les jours prochains, mais pas seulement. La volonté de son adversaire François Hollande de mettre un terme à ce centre nucléaire de production d’électricité n’est pas vraiment affirmée, quoi qu’il en dise. Son ancien camarade Éric Besson, actuellement ministre de l’Industrie, a considéré la proposition de réduire la part du nucléaire de 75% à 50% peu réaliste de la part du candidat socialiste, et il est fort probable que cet avis soit partagé au sein du parti qu’il a quitté avec fracas en 2007.

« Le grand problème, pense Matt Horne, responsable du Pembina Institute en Colombie britannique, une organisation non gouvernementale pour le développement durable, est que les combustibles fossiles sont encore si bon marché à extraire et à utiliser aujourd’hui, que leur coût n’incite pas à investir dans les énergies renouvelables, ou d’autres technologies à basse émission de carbone ». L’énergie nucléaire est pratiquement un million de fois supérieure à l’énergie chimique, ce qui représente son premier atout. Mais ce n’est pas le seul, car la production d’énergie atomique représente aussi des investissements colossaux, intéressant les gros industriels, qui y voient un moyen de produire un bien excessivement volatil, puisqu’on ne connaît pas encore de solution pour stocker l’électricité, avec l’appui d’un pouvoir politique assez conciliant. Selon les études, le nombre d’emplois de l’industrie nucléaire varie de 100.000 à 1 million, d’après l’affirmation la moins favorable à la plus engagée.

Dans ce document vidéo proposé par le site Web de l’Élysée à l’occasion de la visite du chef de l’État, le directeur de la centrale évoque le suivi de travaux sur le site de Fessenheim pour maintenir la centrale durant encore 10 ans au moins en activité. L’accident nucléaire à Fukushima a précipité les contrôles de sécurité et de qualité dans l’ensemble du parc atomique et plus de 200 millions d’euros ont été investis pour remettre le réacteur n°2 aux normes actuelles en vue de la dernière visite décennale, qui s’est faite dans un climat électrique en 2011, à cause du débat sur la sécurité dans le nucléaire civil. « La centrale d’aujourd’hui n’est plus la même que celle de 1977, explique son directeur, Thierry Rosso, dans un entretien accordé au quotidien local, les Dernières Nouvelles d’Alsace. Les améliorations de la conception initiale sont constantes, et la visite décennale, c’est l’occasion d’effectuer une radiographie intime des installations ». Le site fournit 70% de l’électricité consommée dans la région et emploie 1.000 personnes, qui sont pour 25% d’entre elles prestataires de service.

Les métiers du nucléaire sont divers et nombreux, la particularité de cette activité est qu’il s’agit d’un combustible hautement toxique, et sa maîtrise est l’objet d’une grande technicité. Les ingénieurs atomiques ont bien sûr un rôle primordial à jouer dans la production d’énergie nucléaire, mais les mécaniciens et les chauffagistes y sont également essentiels. Ce n’est pas tout, car la filière est concernée par tout le cycle de vie de l’atome, depuis son extraction de l’uranium, jusqu’au retraitement et à l’enfouissement de ses déchets radioactifs, en passant par la surveillance, la maintenance et la protection du site. Après avoir admis des défaillances avec l’intrusion des militants de Greenpeace dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine et de Cruas, le gouvernement s’est rendu compte de la nécessité d’un renfort des mesures de sécurité qui y sont appliquées, impliquant du personnel en plus pour les protéger. Le pouvoir politique surveille donc cette industrie, relevant pour une large part de l’expression de la puissance, comme le lait sur le feu.

L’avenir du nucléaire semble donc bien assuré, malgré des interrogations, bien légitimes, de la part des salariés qui travaillent dans la production de l’énergie atomique, et que le chef de l’État souhaite rassurer, comme ceux qui souhaiteront plus tard s’engager dans cette activité.

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