Le Trésor public et le Centre d’analyse stratégique viennent de publier un rapport conjoint, imaginant 5 scénarios de croissance d’ici 2030, avec des perspectives pour l’évolution du marché du travail français. Ce travail est venu à point nommé, quand les Français planchent sur leur déclaration, et leur apporte un brin d’optimisme, qui fait chaud au cœur…

La France pourrait renouer avec le plein emploi dans 20 ans, mais pourvu que des mesures appropriées soient mises en œuvre pour bien s’adapter à des tendances économiques émergeantes et à des prévisions concernant le du marché de l’emploi. Le taux de chômage pourrait alors baisser à 4,5%, un taux correspondant au plein emploi. Mais pour ce faire, l’étude montre qu’il convient d’adopter des réformes pour obtenir le meilleur scénario de croissance, à 2,4%.

La France devrait investir dans l’innovation, pour orienter son appareil de production vers des secteurs d’avenir, comme les nouvelles technologies, et les énergies renouvelables… D’autre part, il est nécessaire de réformer le marché du travail, améliorer notre système de formation, l’orienter vers les métiers d’avenir, « faciliter l’accès à l’emploi des jeunes et poursuivre les efforts de maintien dans l’emploi des seniors », dit Vincent Chriqui, le directeur général du Centre d’analyse stratégique.

Ses services ont retenu trois options, avec une croissance en panne (1,3%) dans un contexte de déflation généralisée, de hausse du coût du capital et avec un taux de chômage tel qu’il est actuellement, supérieur à 8,5%. Les perspectives moyennes envisagent une croissance en redémarrage, à 2,4% dans les 10 prochaines années, grâce à la consommation des ménages, et les investissements, mais elle serait éphémère. Le chômage se stabiliserait sous les 8%, mais pas durablement.

Mais certains facteurs ne sont pas pris en compte, comme la sujétion de la consommation des ménages aux mesures de soutien, de redistribution des politiques publiques, qui impactent beaucoup ses variations. D’autre part, on n’observe pas à l’heure actuelle de soutien à la reprise économique par une consommation intérieure plus importante… Enfin, cette étude n’a pas envisagé les conséquences de la modération des salaires, qui demeure une grande constante de la conjoncture actuelle, afin de limiter l’inflation. Les trois éléments sont pourtant conditionnels pour une reprise économique.

Le développement durable est possible avec d’importants investissements qui passent avant tout par l’amélioration du système d’éducation français, et des politiques publiques destinées à soutenir les activités d’avenir. Cela n’est cependant pas envisageable avec notre niveau d’endettement public, sauf à envisager un « policy-mix » permettant de réaliser des ajustements budgétaires tout en assurant la promotion des efforts prévus… Un pari sur l’avenir difficile, avec des marges de manœuvre plutôt réduites !

Si les prévisions du Centre d’analyse stratégique et du Trésor public sont assez réalistes en envisageant des taux de croissance proches du réel, les perspectives décrites paraissent néanmoins faire fi des soubresauts futurs dans les indices boursiers et optimistes par rapport à la consommation des ménages, très sensibles aux incitations publiques. Dans cette conjoncture atone, il n’est pas interdit de rêver !

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