La publication mercredi 27 juillet de chiffres jugés « catastrophiques » en ce qui concerne l’opposition, justifiés par un retournement de conjoncture par le gouvernement, font craindre un retour de vacances difficile.

« Quand vous n’avez pas de croissance économique, c’est beaucoup plus difficile de faire baisser le chômage, avance Xavier Bertrand, qui veut y croire ! Ce n’est pas impossible, mais c’est beaucoup plus difficile ». Qui, à l’entendre, serait prêt à le suivre ? Le chômage a progressé en juin, pour le deuxième mois consécutif, et touche désormais plus de 2,7 millions de personnes en France métropolitaine. Ainsi, les demandeurs d’emploi dans la catégorie A ont vu leur nombre augmenter de 33.600, annulant tous les bénéfices des mois précédents.

Les chiffres du chômage augmentent de 1,5% sur l’ensemble de l’année ! D’ailleurs, les ménages avaient déjà anticipé cette tendance, à croire que le bon sens commun se révèle plus perspicace que les études statistiques : « En juillet, les ménages sont nettement plus nombreux à anticiper une augmentation du chômage (+10 points), annonçait l’Insee la veille. Après une baisse entamée en février, ce solde repart donc à la hausse et retrouve un niveau proche de celui atteint fin 2010 ». Les Français auraient-ils une perception aussi fine des perspectives d’avenir, qu’elles se manifesterait à l’insu de leurs gouvernants ?

Les difficultés économiques sont pourtant perceptibles depuis le début de l’année, même si tous les indicateurs demeurent au vert… Les mesures de soutien mises en œuvre pour aider les entreprises à écouler de gros stocks lorsque s’est déclarée la crise financière, sont arrivées à terme. Mais dans ce même intervalle de temps, un montant soudain jugé critique des dettes souveraines contrarie les efforts du gouvernement contraint à prendre des mesures de rigueur, et les plus grandes banques sont à nouveau montrées du doigt pour la fragilité de leurs fonds propres. Les marges de manœuvre budgétaires se rétrécissent alors que rien n’a changé au fond…

Mais le ministre du Travail et de l’Emploi se refuse au pessimisme de ses concitoyens : « Je maintiens l’objectif que j’ai fixé de repasser en dessous des 9% à la fin de l’année » ! Chacun pourra mesurer l’ardente obligation qui lui est opposée à quelques mois d’une campagne électorale de grande importance pour le pouvoir en place. Il est certain que tout sera fait pour lui permettre de réussir, et que tous les arbitrages gouvernementaux iront en faveur du succès de son entreprise avant la fin de l’année. Cependant, et même si « Dès la rentrée il faut commencer à appliquer les choses », la voie reste étroite.

Le ministre du travail table notamment sur l’entrée en vigueur au premier septembre du « contrat de sécurisation professionnelle », qui garantit aux licenciés pour motif économique une indemnisation correspondant à 98% du salaire net et un accompagnement renforcé d’un an. Le Pôle emploi se verra assigner de nouveaux objectifs, mais en assouplissant ses modalités d’action et un fonctionnement interne considéré comme inefficace et très pesant. Sans doute le ministre du Budget sortira-t-il aussi une enveloppe budgétaire inespérée de son chapeau, pour susciter de nouveaux contrats aidés…

Mais comme la conjoncture économique n’est pas destinée à connaître un retournement durable et favorable, tous les Français continueront à vivre et travailler dans un pays miné par un système fiscal qui pénalise l’emploi et un déficit de compétitivité chronique.

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