Les sénateurs ont la dent dure avec Pôle emploi qui se remet difficilement d’une fusion menée tambour battant. Manque d’efficacité, de moyens, ou encore des erreurs d’appréciation, créant un sentiment général de malaise. Mais leurs propositions impliquent aussi de nouvelles transformations au sein du service public de l’emploi.

À la suite du Conseil économique, social et environnemental, la troisième assemblée parlementaire du pays, le Sénat a rendu un rapport d’enquête à propos de la gestion du Pôle emploi, sans concession, mais reconnaissant l’utilité d’une réforme qui « n’a pas fait sentir ses effets positifs », avec la fusion des deux acteurs classiques du service public de l’emploi : l’ANPE et les Assedic. Des erreurs ont été commises, tant sur le plan humain, que matériel, à cause notamment d’un système informatique inadapté, mais de la précipitation aussi, dans laquelle cette réforme a été engagée, avant que la situation économique ne se dégrade brutalement.

« Ça a créé des problèmes psychosociaux, un malaise du dispositif, décrit le rapporteur de la mission d’information, le dialogue avec les partenaires sociaux n’a pas été serein »Les raisons pour accabler une machine, qui semble désormais monstrueuse d’inefficacité, d’inhumanité, ne manquent pas, et les plus critiques ne sont pas forcément dans l’opposition, puisque le sénateur Jean-Paul Alduy est… UMP ! C’est seulement au moment où la conjoncture économique semble s’améliorer que Pôle emploi aussi s’en trouve mieux : « On a constaté sur le terrain une stratégie de progrès », se rassure-t-il, mais c’est pour en réclamer d’autres efforts pour réussir.

C’est peut-être sans compter que les choses s’améliorent naturellement si les conditions dans lesquelles elles évoluent lui sont plus favorables. Une nouvelle réorganisation du Pôle emploi se profile ainsi à l’horizon, du sol jusqu’au plafond, avec un changement dans la composition de son conseil d’administration, mais aussi dans la dotation du budget du service public de l’emploi. Récemment, son directeur avait déclaré une hausse du déficit en 2010, à hauteur de 63 millions d’euros ! La fusion n’a donc pas permis de réaliser des économies d’échelle, même s’il est vrai que la dégradation de la situation de l’emploi s’est produite au moment crucial de la réforme.

Mais, les sénateurs demandent surtout un « dialogue entre les partenaires sociaux et l’État plus fluide, plus franc », pour une meilleure efficacité. Il semble que chacun ait constaté dans la gestion du Pôle emploi un manque d’humanité, qui rend la machine excessivement administrative, et pesante et rigide. « Il faut changer la culture de l’entreprise », réclame Jean-Paul Alduy. Le sénateur dénonce une culture du chiffre et de la centralisation, qu’il souhaite voir changer en donnant aux acteurs locaux les moyens de mettre en œuvre leurs capacités d’initiative, de façon à être performants. De fait, beaucoup de choses vont changer à nouveau à Pôle emploi, avec un nouveau directeur, mais sans doute également de nouvelles méthodes et de nouveaux objectifs, mais il n’est pas certains qu’ils fassent évoluer réellement la culture de cette administration.

Reconnaissant que l’idée de rassembler dans un même espace les services dont les demandeurs d’emploi ont besoin, le socialiste Claude Jeannerot souhaite que le budget alloué au Pôle emploi ne soit pas compté comme à l’épicerie : « Augmenter ses moyens n’est pas une dépense, explique-t-il, mais un investissement ». Une réduction d’un mois de la durée moyenne du chômage permet en effet d’économiser 2,2 milliards d’euros…

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