Les mesures de réduction du déficit budgétaire français coïncident avec la diffusion des chiffres du chômage estimés déjà « mauvais comme l’ont été ceux des deux mois précédents », avant même leur publication. Quels sont les objectifs du gouvernement en matière de lutte contre le chômage ? On dirait qu’il a baissé les bras…

« Quand il n’y a pas de croissance, présente Xavier Bertrand, c’est difficile de faire reculer le chômage ». C’est bien la position de Laurence Parisot et du Medef, mais c’est malheureusement un truisme économique ! Au mois d’août de surcroît, l’activité à l’exclusion du tourisme et de l’hôtellerie, se contente de suivre le mouvement des congés payés. Sur le sable et avec le soleil pour témoin du « farniente ». La loi d’Okun établit un taux minimum de croissance pour permettre une baisse de chômage, que les économistes ont estimé à 2,5% en France. Or, les dernières prévisions sont abaissées à 1,75% pour 2011 comme pour 2012, et il y a fort à parier que ce sera pire.

Dans ce cas, toute tentative pour s’attaquer directement au problème d’un chômage de plus en plus préoccupant peut sembler vaine. Mais cela n’est évidemment pas l’avis de l’opposition socialiste, qui a beau jeu de pointer un plan de réduction du déficit public, il est vrai pour moitié supporté par les entreprises (4,5 milliards d’euros) et même par les entreprises de taille moyenne. La déclaration du chef du gouvernement, qui vient d’appeler « à augmenter les efforts » dans la lutte contre le chômage, ne convainc pas. Il n’y a malheureusement pas de fatalité à comparer une augmentation de la population à celle des créations d’emploi, mais ça fait peu.

Pour l’ensemble des éditorialistes de la presse française, à part au Figaro, cette « cure d’austérité sévère et durable » n’est pas franchement bienvenue dans un contexte de ralentissement économique au niveau européen. Mais les journaux ont également des lecteurs à cajoler… Bref, tout le monde se récrie des choix du gouvernement, mais les économistes n’envisagent pas d’accélération soudaine de la croissance dans les mois à venir, ce qui fait craindre un trou d’air comparable à celui de 2008-2009, causé par la crise financière. Comme les marchés financiers se sont tournés vers le montant astronomique des dettes publiques occidentales pour masquer leur propre manque de capitaux, nous sommes revenus au problème précédent.

Abolir le chômage de masse, comme l’avait cru Nicolas Sarkozy, semble plus que jamais devenu un vœu pieux, une utopie, un slogan vide de sens pour tout le monde. La chasse aux déficits du gouvernement fait pendant aux réductions de coûts dans les entreprises, et la main d’œuvre en fait les frais… Les fonctionnaires observent leur statut s’écorner, des départs à la retraite non remplacés, quand les salariés du secteur privé voient venir les perspectives de chômage les toucher de plus en plus dangereusement. Les hommes principalement, moins qualifiés proportionnellement, mais aussi réputés moins flexibles… Cette donnée du Centre d’études sur l’emploi et les qualifications est cependant plus complexe, le résultat global étant que la situation professionnelle des hommes se dégrade pour tendre vers celle, moins bonne en général, de celle des femmes !

Sombre tableau que brosse à la rentrée cette série de chiffres calamiteux à l’attention des demandeurs d’emploi ! Ils sont une fois encore les oubliés de l’histoire, qui s’écrit sans eux. La vie n’épargne pas ceux qui restent au bord du chemin, car les lois de la sélection naturelle les excluent de façon impitoyable.

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