Nos ténors de la politique ont tous lancé leur petit couplet patriotique, au sujet du « Made in France », qui devrait être préféré pour relancer l’emploi et la croissance. Soit, mais quelles marchandises est-on encore capable de produire en France ?

Nicolas Dupont-Aignan s’est rendu à Petit-Couronne, en Seine-Maritime, pour afficher son soutien aux salariés de la raffinerie Petroplus, soumise à un projet de restructuration qui doit toucher 120 employés sur les 550. Un sort qui, malheureusement, est promis à l’ensemble du secteur depuis l’an dernier, lorsque l’Union française des industries pétrolières a évoqué une situation critique, avec des pertes pour les douze raffineries françaises, de « 150 millions d’euros par mois » depuis mars 2009, le recul de la demande de 2,8% en 2009 et de près de 9% sur dix ans. Forcément, l’automobile se distingue également ces jours-ci avec le recul des immatriculations, assez prévisible néanmoins dans un marché globalement déprimé, qui doit faire face à une baisse générale de la consommation. L’avenir et d’une manière générale dans tous les secteurs d’activité, n’est plus sur le sol européen.

La fonction économique d’utilité marginale permet de comprendre quelle motivation pousse aujourd’hui les industriels à délocaliser aujourd’hui un peu plus leurs activités vers les mêmes pays à bas coûts de main d’œuvre, mais à présent grâce à l’émergence d’une classe moyenne capable d’avoir accès aux produits qui, jusqu’alors, étaient réservés à la clientèle des pays occidentaux. Les perspectives de ventes sur des territoires, grands comme ceux du Brésil, de la Russie, de l’Inde ou de la Chine, sont nettement plus prometteurs, qu’en Europe ou aux États-Unis. Une relocalisation à grande échelle n’est pas envisageable dans un tel contexte, elle reste marginale et ne crée pas autant d’emplois que le mouvement précédent en a détruit. À brève échéance d’ailleurs, les emplois pour le moment pérennes seront de même menacés avec la généralisation du commerce électronique. Dans le domaine de la vente de produits importés, la proximité est déjà obsolète.

Bientôt, et même aujourd’hui déjà, de nombreux services proposés par les entreprises locales, le seront par des agents économiques situés sur un sol étranger. Coût de la main d’œuvre oblige… Même pour les activités dites intellectuelles, le marché est en voie de mondialisation, et la barrière de la langue, puisque les pays occidentaux furent également colonisateurs dans le passé, n’existe pas vraiment. De nombreux ateliers de correction, ou de mise en page, sont à la disposition de maisons d’édition françaises dans la partie francophone de l’Afrique et une offre de rédaction est en train de se développer sur Internet à des prix défiant toute concurrence, par rapport à l’obligation de se conformer aux standards de rémunération en France. La réalisation de sites Internet et les professionnels du graphisme, vont à leur tour et à brève échéance, se retrouver à faire face aux concurrents indiens. Les seules activités qui raisonnablement, ne sauront être délocalisées sont le commerce de proximité dans le domaine de l’alimentation…

Cela signifie qu’il ne resterait pas grand-chose à faire… Les politiques en revanche, proposent de mettre en place les barrières douanières, qu’ils ont souhaité abattre dans le passé. Mais force est de constater qu’ils n’en font rien, une fois propulsés au pouvoir par de vaines promesses. Une solution plus pratique, et à portée de chacun, ne serait-elle pas plutôt de mettre sur le marché des produits nouveaux ? Dans un pays pionnier de l’automobile et de l’aéronautique les ressources en matière d’innovation devraient bien se manifester.

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