La presse fait les gorges chaudes des bonnes nouvelles sur une croissance de l’économie et de l’emploi (+0,4%) au premier trimestre 2011, mais du côté de la Banque de France, une enquête de conjoncture prévoit la baisse relative des prévisions futures en matière de reprise.

C’est avant tout à la consommation des ménages qu’une reprise a succédé à la crise financière, insiste l’Insee dans une synthèse rendue publique ces jours derniers. Elle a ainsi progressé plus vite que leur pouvoir d’achat, de 1,3%, contre 0,8%. Conséquence directe, les ménages ont puisé dans leur bas de laine, et le taux d’épargne a baissé de 0,5 point. Mais dans le détail les achats d’automobile ont connu un retournement de situation (-4,9%) à cause de l’arrêt de la prime à la casse, et si les dépenses liées au logement ont progressé (+1,5% en volume, après +0,5%), elles sont surtout dues au climat rigoureux de l’hiver 2010-11, et constituent 77% du total.

Conséquence directe de la hausse de la consommation, l’emploi s’est bien redressé, le secteur marchand créant 58.200 postes de travail en 2011, par rapport aux 48.300 emplois créés au dernier trimestre 2010. Il connaît une croissance deux fois plus importante hors intérim avec 52.300 emplois en plus, contre 25.700 entre les mois d’octobre et de décembre. L’industrie a retrouvé une certaine stabilité, où 1.300 postes supplémentaires sont créés au premier trimestre 2011, mais le solde du secteur industriel reste négatif avec 32.800 emplois détruits sur toute l’année. Le bâtiment s’est lui aussi redressé, avec une création de 3.000 postes après 9 mois de récession.

Le secteur tertiaire a lui aussi retrouvé des couleurs, avec 48.800 emplois créés hors intérim, soit une hausse de 0,4% au premier trimestre 2011. La consommation de biens culturels et de loisirs sont en hausse de 3,2% tout comme les dépenses de communication : 2,2%. Les tourisme, hôtellerie et restauration ont mieux progressé que les produits alimentaires, impliquant une amélioration du niveau de vie des ménages français. Mais le coût des dépenses d’action sociale demeure stable, et celui des assurances indique une légère hausse. Les variations de stocks ont contribué à hauteur de 0,1 point à la progression du PIB et le commerce extérieur, de 0,4 point.

La Banque de France a revu en légère baisse ses prévisions de croissance au deuxième trimestre à 0,4% contre 0,5% initialement, sur l’évolution de l’activité. Une légère augmentation de l’activité industrielle est tempérée par des pronostics de baisse de la part des chefs d’entreprise, l’indicateur du climat des affaires dans l’industrie reculant de trois points au mois de mai 2011. Dans l’industrie le taux d’utilisation des capacités de production se situe à 81,1%, il rapproche d’une moyenne de 82% en longue période. L’indicateur du climat des affaires dans les services où « les perspectives laissent augurer un tassement de l’activité », baisse de 2 points. Enfin, les carnets de commandes sont revenus au niveau élevé du début de l’année, « mais les prises de nouvelles commandes ont eu tendance à ralentir leur progression », indique la Banque de France.

En somme, la sortie de crise a été menée avec succès, mais des doutes se révèlent pour l’évolution de la conjoncture économique dans les mois qui viennent, et notamment pour la fin de l’année 2011 avec son corollaire de désillusion sur le marché de l’emploi.

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